Une fois au volant, la nuit a ce délicieux pouvoir de suspendre mes pensées, à ne me faire entendre que la suave ambiance musicale de mon autoradio, parfaitement couplée au ronronnement du moteur de mon vaisseau éphémère.
La nuit renforce aussi la pure solitude du trajet, celle du voyageur en apesanteur, seul aux commandes, libre de retarder aussi longtemps que bon lui semble le moment fatal de son arrivée à destination.
Le pouvoir supplémentaire que nous donne la voiture est celui d'être à la fois conducteur ET spectateur, de négocier son itinéraire dans la fascinante obscurité sécurisée, d'accélérer ou de ralentir selon son humeur, pour mieux se fondre dans les ténèbres étoilées.
Hélas ! Cette posture troublante mais magique du voyageur en apesanteur s'évanouie d'un coup lorsque l'on retrouve les néons et la cacophonie des grandes villes.
Pour prolonger le voyage solitaire, quelques bons conseils : garez votre véhicule et rejoignez sans attendre les hauteurs de votre maison ou de votre appartement, postez-vous à votre fenêtre favorite et contemplez l'illumination du monde urbain à vos pieds, dans toute sa majestée. Accompagnez le tout d'une bande-son (celle de "Heat" ou de "Blade-runner") et servez-vous quelque chose de sympa...Vous voyez ? Ca va déjà mieux.
Au moment où je pense à écrire cet article : je suis à bord de ma voiture/vaisseau filant sur une nationale perdue aux confins de la voie-lactée, à bord la sonate pour piano N°14 en do dièse, op 27 N°2 de Beethoven.

Bravo Pierrot le blogger!
RépondreSupprimerAmitiés
matteo