samedi 17 octobre 2009

Horizon 2

Le désert est une initiation ne nécessitant aucune préparation particulière sinon celle d'avoir mûrement réfléchi, au préalable, aux motivations vous encourageant à vous y perdre.

Mon apprentissage du désert découle principalement des écrits de Frank Herbert; "Dune" a profondément ancré dans mon esprit des images bien précises du monde des sables, tout un univers sublime que je me devais de confronter au réel.

Ma présence au désert, en août dernier, n'a fait que me confirmer la vision d'Herbert. L'infinité du désert, ses dunes, son silence absolu et son ciel sentencieux, tout, immédiatement, vous sidère pour vous renvoyer presque aussitôt au plus profond de vous-même, au coeur ontologique de votre être : à cette source ignorée que l'on serait bien incapable d'atteindre dans tout autre environnement. Je veux parler de "tous" les autres environnements : ceux de la frénésie urbaine et professionnelle. Ces environnements érigés en nécessité et vers lesquels il est extrêment difficile de retourner aprés toute incursion dans le monde des sables.

Oui, le désert m'a changé et poursuit son oeuvre quatre mois aprés mon retour. L'étroitesse du quotidien ne m'est plus une chose tolérable. Ma certitude selon laquelle le projet entier de toute une vie ne peut pas tenir dans cette addition étroite imposée par le commun des mortels : "carrière + maison + bébé + ikéa, ad vitam aeternam" est, quant à elle plus entière que jamais !